La grève des fonctionnaires suspendu pour 1 mois en Côte d’Ivoire

RÉSOLUTIONS DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU VENDREDI 27 JANVIER 2017
Considérant la grève des 9 10 11 12 et 13, grève reconduite les 16, 17, 18, 19 et 20 janvier puis les 23, 24, 25, 26 et 27 janvier, en vue de réclamer :
– Le retrait de certaines dispositions de l’ordonnance n° 2012-303 du 04 avril 2012, portant organisation des régimes de pensions gérés par la Caisse Générale de Retraite des Agents de l’Etat (IPS-CGRAE) ;
– Le paiement du stock des arriérés liés aux mesures actées par le Gouvernement en 2009 estimé à 249.6 milliards de FCFA ;
– La revalorisation indiciaire de 150 points pour les emplois ne bénéficiant pas d’une grille particulière.
– L’intégration des agents journaliers du secteur public à la Fonction Publique ;
– Le respect de la liberté syndicale (demande de prélèvement à la source des cotisations des syndiqués pour le compte des syndicats et la mutation des responsables syndicaux au lieu du siège) ;
– La suppression de deux impôts sur les salaires : la Contribution Nationale (CN) et l’Impôt sur les Salaires (ITS).
Considérant les rencontres avec les membres du gouvernement les 19, 20, 25 et 26 janvier 2017, présidées respectivement par le Ministre de la Fonction Publique et de la modernisation de l’Administration et par Monsieur le Premier Ministre, chef du gouvernement.
Vu le compte rendu fait par le Président de la Plateforme à l’issue de ces rencontres.
Vu que sur l’ensemble de ces revendications des résultats ont été obtenus et se déclinent comme suit :
1. sur l’ordonnance
• le rétablissement des allocations familiales ;
• le rétablissement de la majoration pour famille nombreuse, avec la prise en compte d’un nombre maximum de 6 enfants, de 16 à 21 ans
• la jouissance immédiate de la pension de réversion ;
• la continuité du paiement du capital décès;
• le retour au dernier traitement indiciaire en lieu et place de la moyenne des traitements indiciaires des cinq dernières années.
2- concernant l’intégration des agents journaliers à la fonction publique.
Le gouvernement a fait droit à cette revendication, en acceptant d’intégrer une partie de ces agents, cette année 2017 et l’autre partie en 2018.
3- Sur le respect des libertés syndicales
Le gouvernement a marqué son accord pour les précomptes syndicaux à la source
4- sur la revalorisation indiciaire de 150 points
Les parties ont convenu des mesures suivantes :
– 150 points d’indice pour les catégories A et B3
– 100 points pour les catégories Cet D
L’Application de cette mesure est prévue pour le 1er janvier 2018
Vu que la question du stock des arriérés n’a pas connu de réponse
Vu l’engagement et la détermination des fonctionnaires et agents de l’Etat de Côte d’ivoire à ne pas renoncer à cette revendication
La Plateforme Nationale, réunie en Assemblée générale ce jour, vendredi 26 janvier 2017 à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody :
1. Félicite l’ensemble des fonctionnaires et agents de l’Etat pour leur exceptionnelle mobilisation et détermination
2. Suspend pour un (1) mois son Mot d’ordre de grève afin de donner une chance aux discussions à venir,
3. invite par conséquent les fonctionnaires et agents de l’Etat de Côte d’Ivoire à REPRENDRE LE TRAVAIL DES LE LUNDI 30 JANVIER 2017 A 07H.
Toutefois, la Plateforme Nationale invite instamment le gouvernement à faire des propositions de paiement de ce stock.
Fait à Abidjan, le 27 Janvier 2017
L’Assemblée Générale

Côte d’Ivoire : communiqué du Gouvernement relatif aux revendications syndicales des fonctionnaires

La Plateforme Nationale des Organisations Professionnelles du Secteur Public de Côte d’Ivoire et l’Intersyndicale des Fonctionnaires de Côte d’Ivoire, deux collectifs de syndicats, sont entrés en grève depuis le lundi 09 janvier 2017.

Par cet arrêt de travail, les collectifs de syndicats concernés souhaitent obtenir du Gouvernement la satisfaction des revendications ci-après :

  1. le retrait de l’ordonnance n° 2012-303 du 04 avril 2012, portant organisation des régimes de pensions gérés par la Caisse Générale de Retraite des Agents de l’Etat (IPS-CGRAE) ;
  2. le paiement du stock des arriérés liés aux mesures actées par le Gouvernement en 2009 estimé à 249.6 milliards de FCFA ;
  3. la revalorisation indiciaire de 150 points pour les emplois ne bénéficiant pas d’une grille particulière estimée à 21 milliards de FCFA ;
  4. l’intégration des agents journaliers du secteur public à la Fonction Publique ;
  5. le respect de la liberté syndicale (demande de prélèvement à la source des cotisations des syndiqués pour le compte des syndicats et la mutation des responsables syndicaux) ;

Les autres organisations syndicales ont aussi saisi le Gouvernement essentiellement sur les problèmes que suscite l’application de l’ordonnance n° 2012-303 du 04 avril 2012 et les précomptes.

Soucieux de préserver la paix sociale, le Premier Ministre, Amadou Gon Coulibaly a, réaffirmé, dès sa prise de fonction, le lundi 16 janvier 2017, la ferme volonté du Gouvernement à rechercher avec l’ensemble des partenaires sociaux, une solution à chacun des problèmes auxquels ils sont confrontés.

Dans ce cadre, une rencontre de négociation entre le Gouvernement représenté par quatre membres et les responsables syndicaux s’est tenue le lundi 16 janvier 2017.

Le mercredi 18 janvier 2017, des échanges en Conseil des Ministres, présidé par Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République, ont permis d’aboutir à des propositions.

Une rencontre a eu lieu ce jeudi 19 janvier 2017, en vue de communiquer aux organisations syndicales concernées les propositions du Gouvernement dans le sens d’une sortie de la crise. Cette rencontre a vu la participation de huit membres du Gouvernement.

Les points de revendications qui ont fait l’objet d’accord du Gouvernement sont les suivants :

 

1- Sur les cinq (5) principales revendications liées aux régimes de pensions gérés par la Caisse Générale de Retraite des Agents de l’Etat (IPS-CGRAE), le Gouvernement a marqué son accord sur quatre (4). Il s’agit :

✓ du rétablissement du capital décès, soit 12 mois de salaire

✓ du rétablissement des allocations familiales

✓ du rétablissement de la majoration pour famille nombreuse, avec la prise en compte d’un nombre maximum de 6 enfants, de 16 à 21 ans

✓ de la jouissance immédiate de la pension de réversion sans condition;

2- l’intégration des agents journaliers du secteur public à la Fonction Publique telle que déjà décidée par le Gouvernement et mise en œuvre en 2016 par l’intégration de 1000 agents journaliers. Le solde de 1800 sera intégré en 2017 et 2018.

3- la liberté syndicale avec l’autorisation des précomptes à la source au profit des syndicats ;

 

Les discussions se poursuivront ce vendredi 20 janvier 2017 entre le Gouvernement et les organisations syndicales.

Le Gouvernement invite l’ensemble des fonctionnaires et agents de l’Etat à tenir compte des efforts considérables consentis depuis 2011 et qui coûtent à l’Etat, chaque année, 244,8 milliards de FCA. Il s’agit notamment du déblocage des salaires de tous les fonctionnaires et agents de l’Etat de Côte d’Ivoire, salaires qui étaient bloqués depuis 1988, et de la reprise des avancements indiciaires chaque deux (2) ans.

 

Fait à Abidjan, le jeudi 19 janvier 2017.

 

Pour le Gouvernement,

Pascal Kouakou ABINAN

Ministre de la Fonction Publique et de la modernisation de l’Administration.

QUI EST DIOULA?


A la question de quelqu’un qui me demandait s’il y a une ethnie dioula en Côte d’Ivoire, je tente de répondre et partage avec vous cette tentative.
Je suis plusieurs fois intervenu ici pour tenter une définition du dioula. Je vais encore m’y essayer si ça peut servir. L’ethnie dioula existe en côte d’ivoire. Elle fait partie du grand groupe malinké. C’est une société de classes et de castes. Ses membres sont à l’origine des cultivateurs. Ils sont situés dans les régions de boundiali et de kong et korhogo. On les appelle dioula ba. Ce qui est confirmé par les ethnologues. Selon ces derniers, dioula signifie « de la racine » diou : racine, la : « de la » ou « à la ». Cette assertion s’oppose à la thèse selon laquelle dioula serait une déformation de daoula (colporteur), nom attribué selon les historiens par les arabes aux commerçants maraka ou wangara installés dans la région actuelle de boundoukou (malagasso). De part de cette définition, ceux qui font le commerce sont appelés dioula. On dit alors dioulaya. Peu importe alors l’origine ethnique de la personne (malinké, gouro, senoufo, baoulé ou bété). Cependant pour les personnes qui ne sont du groupe malinké, le dioula ce sont tous ceux qui sont musulmans. Même un akan, ou krou qui devient musulman est appelé dioula aussi.

Dans les villes du sud où sont nés les dioulabougou, ceux qui résidaient (senoufo, malinké, autres étrangers) étaient considérés par leurs hôtes comme des dioula, le point commun étant le lieu de résidence et le partage de la langue et parfois de la même religion. Lorsque la carte de séjour est instituée, la chasse se fera dans les dioulabougou et dans tous les environs qui pouvait respirer du musulman. La logique alors était, étranger = musulman= dioula. Cette situation crée de fait une solidarité entre tous les malinkés d’abord ensuite tous les musulmans peu importe qu’ils soient ivoiriens ou non. L’idée alors est que puisque vous nous frappez du même bâton alors nous nous mettons ensemble pour mieux supporter les coups. L’amalgame que les autres ont fait et l’oppression du groupe sans distinction d’origine a fait que tous ceux qui sont du nord ivoirien et du grand nord en général sont considérés comme dioula. Voilà comment selon mon humble la notion a évolué pour s’appliquer à un groupe hétéroclite.quel est votre avis et votre expérience?

Moussa SANGARE

-Consultant en gestion des entreprises scolaires et universitaires ;

-Chef d’établissement scolaire privé ;

-Secrétaire chargé de l’éducation du comité de pilotage des projets du conseil supérieur des Imams de Côte d’Ivoire ;

 

L’AEEMCI VOUS DIT INFINIMENT MERCI

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Comme un seul homme, les militants, sympathisants, anciens et amis de l’Aeemci ont pris d’assaut le siège de l’Association des Elèves et Etudiants Musulmans de Côte d’Ivoire (AEEMCI), ce matin du Dimanche 14 Juin 2015.
En effet, après leur mariage religieux célébré le Mercredi 10 Juin 2015 à Hiré, notre frère Koné Mamadou Amir de l’Aeemci et notre sœur Traoré Amy ex membre du Comité Exécutif de l’Aeemci ont invité leurs amis et familles à leur walima (repas festif) de mariage.

La pluie et les derniers réglages dans l’organisation n’ont entaché en rien à la beauté de la fête. La présence de l’Imam central de l’Aeemci, El hadj Sekou Sylla, des membres des organes centraux de l’Aeemci, des imams d’Abidjan et d’ailleurs, du Conseiller technique du Chef de l’Etat chargé de la Jeunesse et des Sports, Monsieur Touré Mamadou et sans oublier la forte mobilisation des militants, a donné un cachet particulier à la fête.
La mini conférence sur le thème les secrets d’une vie de couple harmonieuse animée par Oustaz Kouyaté, imam du Lycée Technique d’Abidjan, a été donnée avec maestria. Il a entre autre, félicité le jeune couple avant de les interpeler sur la nécessité d’une franche et sincère communication au sein du foyer. Les mariés devront ils faire preuve de patience, de respect mutuel et de tolérance à ajouter l’imam, non sans oublier de faire des prières pour eux et pour tous.
La célébration du mariage à l’Aeemcistes et le déjeuner servit aux invités mis fin au walima. Nous ne ferons que souhaiter bonne chance à l’heureux couple, puisse Allah ne quitte jamais ce lien. Amine.

Ali Delassource

Zama, un chef des « microbes » tué par la foule

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Fin de parcours dans après-midi du mardi 14 avril 2015, pour un Chef des « microbes » le très tristement célèbre Zama. Ne supportant plus la passivité de la police, la population de Attecoubé (une commune au nord d’Abidjan) a capturé et tué ce caïd qui avait plusieurs fois été cité comme auteur de meurtre et de violence sur les populations de cette commune. Dans les rues d’Attécoubé, les pieds, les bras et la tête du tristement célèbre Zama  étaient brandis comme un trophée. Le reste de son corps a été dépecé, brulé et trainé dans les coins et recoins.

Les « microbes » sont des bandes de jeune gens armés qui agressent les populations en groupe. Ils sont extrêmement violants et ne craignent personne, même les forces de l’ordre. C’est une forme de délinquance qui a vu le jour en Côte d’Ivoire vers les années 2010. Cette forme de grand banditisme a commencé à Abobo et s’est rapidement propagée à d’autre commune d’Abidjan.

Notre rêve de bambin était de rouler le vélo

Vélo traditionnel africain

Vélo traditionnel africain

Comme tous les bambins de mon âge, notre rêve le plus fou était d’apprendre à monter à vélo. Je suis né à Bonon (village agricole situé à 400 km d’Abidjan), le vélo dans les villages au cœur de la forêt, comme Bonon, reste le moyen de déplacement le plus accessible et le plus prisé, à cause du manque de route et des conditions de vie modeste des villageois.

Le vélo sert à tout faire: transporter les malades à l’hôpital, transporter les nouvelles mariées chez leurs époux, se déplacer d’un village à un autre ou même aller en ville, transporter la récolte des champs au village, pour ne citer que ces éléments. En un mot, la vie au village se fait autour du vélo. Comprenez donc la place que ce moyen de déplacement occupe dans le cœur de chaque père de famille.

Si le vélo est tant utile aux grandes personnes que dire des bambins. Nous avions pour habitude de prendre les vélos de nos parents chaque soir après les travaux champêtres, en groupe nous apprenions à rouler. Que de chutes, que de blessures, que d’accidents, que de coups de bâtons. Nous avons enduré toutes ces difficultés car il ne fallait pas perdre de vu l’objectif : maîtriser le vélo. Car le bambin de notre âge, qui ne savait pas rouler à vélo, était considéré comme un incapable et une personne inutile à la société.

Le vélo reste un moyen de déplacement incontournable dans le milieu rural car il est, non seulement adapté aux pistes villageoise, mais aussi accessible aux personnes les plus modestes, avec 50 000 F CFA (76 Euros) on peut avoir son vélo.

C’est avec émotion que je parle du vélo. En effet parler du vélo, c’est retracer mon enfance, cette enfance si innocente et si agréable sur les pistes poussiéreuses du village. Que de souvenirs !!!

@_magnaled

Insécurité à l’Université Félix Houphouët Boigny de Cocody

L'entrée principale de l'université

L’entrée principale de l’université

Un étudiant en Licence de Philosophie à l’Université Félix Houphouët Boigny de Cocody a été agressé aujourd’hui vers douze heures   en face du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Cocody. C’était exactement quai des bus SOTRA. Cette agression perpétrée par près d’une vingtaine de jeunes badauds  sur cet étudiant n’a émeut personne, pourtant le quai bondait d’étudiants en attente de leur bus, aussi l’entrée principale du CHU de Cocody ne désempli jamais. De tout ce monde, personne n’a pu venir en aide à cet étudiant pour le protéger contre ces bourreaux, tout le monde l’a regardé se faire violenter par ce groupe de voyous :

J’étais au quai de bus lorsqu’un jeune homme est venu me saluer et m’a demandé si je le reconnaissais, il m’a tendu la main, ne le reconnaissant pas et vu son apparence j’ai refusé de lui serer la main. Ainsi, il m’a donné une volante paire de gifle, j’ai voulu me défendre mais ils étaient nombreux   près d’une vingtaine de personnes, ils sont sortis de tous les coins et ont tous commencé à me donner   des coups violant sur tout mon corps. Pendant que certains me tabassaient, d’autres me fouillaient les poches, ils volé mes trois portables et mon sacs d’étude contenant mes fournitures et certains effets personnels. Impuissant face à leur violence,  leur détermination et leur nombre, j’ai fuis pour me mettre à l’abri dans l’église juste en face du CHU. De cette cachette j’ai appelé la police (CCDO) qui a pu mettre la main sur un élément du gang. Ce dernier est en garde à vu  au huitième arrondissement de police de Cocody en attendant de mettre la min sur les autres qui sont actuellement en cavale. Pour le moment je cherche à faire des consultations pour voir mon état de santé car tout mon corps me fait mal.

M’a confié l’étudiant agressé

Dame Marguerite Gado, mère de l’ex Président Ivoirien Laurent Gbagbo est décédée

Dame Marguerite Gado, mère de Laurent Gbagbo

Dame Marguerite Gado, mère de Laurent Gbagbo

L’ex Président Ivoirien, Laurent Gbagbo actuellement emprisonné à La Haye dans l’attente de son procès par la Cour pénale internationale (CPI), qui l’accuse de crimes contre l’humanité  suite à son refus de reconnaître la victoire de son rival Alassane Ouattara  à la présidentielle de 2010 plongeant  ainsi la Côte d’Ivoire dans une grave crise qui a fait plus de 3.000 morts est encore frappé par une très triste nouvelle.

En effet, sa vielle maman de 94 ans est décédée hier mercredi 15 novembre 2014 à Yamoussoukro alors qu’elle était en route pour son village natal. Dame Marguerite Gado, mère de M. Gbagbo est rentrée dimanche du Ghana où elle vivait depuis la chute de son fils. L’une de ses dernières volontés raconte-t-on était de mourir sur la terre de ses ancêtres, malheureusement cette volonté n’a pu être respecté.

Ce qui m’affecte le plus ce sont les débats politiques insensés autour de la dépouille de mémé Gado. Pour certains partisans  de Gbagbo, c’est la faute au régime actuel si la mère de leur mentor est décédée dans ces conditions. Par contre certains partisans de l’actuel Président Alassane Ouattara accuse les proches de Gbagbo d’avoir précipité la mort de la ’’vieille’’, car selon eux ceux-ci ont catégoriquement refusé toutes les propositions d’aide du gouvernement en vu de procurer un mieux être à  dame Marguerite Gado.

RIP

 

L’obtention du permis de conduire ivoirien: le calvaire des usagers

Une vue du rang à l’intérieur de la clôture

Une vue du rang à l’intérieur de la clôture

Selon le ministre des transports, Gaoussou Touré, le Centre de Gestion Intégrée (CGI) des opérations de transport routier de Côte d’Ivoire, sis à Treichville, sur le boulevard Valéry Giscard d’Estaing est une innovation qui permettra de mettre en place une base de données unique, utilisant les techniques et outils modernes qui simplifieront et sécuriseront l’ensemble des opérations du transport routier dont le traitement et l’édition des différents documents que sont le permis de conduire, la carte grise, l’autorisation de transport, la carte et le registre de transporteurs et conducteurs et l’immatriculation des véhicules. Mais à côté de ce grand rêve du ministre se trouve une triste réalité, un enfer  pour les usagers. Voici le récit d’un usager qui vient d’obtenir son permis de conduire.

« J’ai introduit d’abord ma demande de permis de conduire  auprès de la défunte SONATT  (Société nationale des transports terrestres), après toutes les étapes j’ai été informé que je ne devais attendre que la logistique du nouvel operateur pour la reforme soit prête avant d’avoir mon permis. J’ai dû attendre des mois avant que  Centre de Gestion Intégrée ne soit effectivement opérationnelle.

Lorsque le  Centre de Gestion Intégrée a commencé à imprimer les permis, il a été demandé à nous ;  anciens clients de la défunte Société nationale des transports terrestres d’attendre que nos dossiers soient transmis au nouvel opérateur. Là encore j’ai attendu des mois, finalement après plusieurs va-et-vient, j’ai été obligé de payer la somme de 5000 F CFA à la porte N° 10 , 5ème étage de la Tour C au Plateau pour avoirs mon dossier. Le jour j’ai pris mes dossiers, je pensais avoir fait le plus long du trajet tant le ministère avait vanté la qualité de la prestation du Centre de Gestion Intégrée.

Je suis arrivé au Centre de Gestion Intégrée un matin vers 5h et la queue du rang était déjà à l’entrée de IVOSEP. Vu la longueur du rang, je n’avais aucune chance ce jour d’avoir accès au service, j’ai quand même gardé ma place dans ce rang long de plus d’un kilomètre. Vers 8h, j’en entendu dire que les policiers qui garde l’entrée faisaient enter les auditeurs sans faire le rang moyennant 5000 FCFA, j’ai payé ce montant et les policiers m’ont fait entrer vers 10h. Tout heureux d’avoir contourné les difficultés, j’ai été encore désagréablement surpris par la lenteur du service.  Je suis resté dans ce rang jusqu’à 19h, et c’est à cette que je suis arrivé à l’étape de la visite médicale, j’ai obligé de revenir le lentement faire cette étape indispensable. J’ai finalement terminé toutes les étapes le lentement vers 12h et je suis  repassé trois  jours après récupérer mon permis de conduire. Je trouve donc que la propagande médiatique du ministère du transport n’a rien à voir avec les difficultés du terrain car beaucoup de choses restent à parfaire au Centre de Gestion Intégrée (CGI)

La tête du rang à l'entrée du Centre de Gestion Intégrée (CGI)

La tête du rang à l’entrée du Centre de Gestion Intégrée (CGI)

Où veut-on qu’ils aillent?

 sococe

J’ai écouté à la radio le communiqué de la direction des supermarchés sococé, cap sud, prima, etc. relative à « l’envahissement » (mot pris sur ODCI) de leur magasin par les enfants « russes » (ça c’est de moi) à l’occasion des fêtes musulmanes. Ledit communiqué informe surtout que seuls les enfants accompagnés (par les parents) pourront avoir accès aux magasins (Et les autres?). On peut bien comprendre la réaction de ladite direction. Toutefois, on peut aussi se demander: Où veut-on qu’ils aillent?

Nos communes abidjanaises n’offrent absolument aucuns lieux de divertissement public où les enfants (surtout de pauvres) pourraient venir passer du temps à des occasions spéciales comme durant les fêtes. Aucun parc d’attraction, aucune foire, plus de cinéma (pour tous), rien. Alors où peuvent aller nos enfants pour se divertir et se changer des vicissitudes de leur vie quotidienne?

Le zoo d’abidjan n’a plus rien d’attrayant et les « conditions de détention » des animaux rappelleraient bien de misères personnelles. Les glaciers et autres fast-food sont pour la majorité un luxe inaccessible. Plus de bals poussière improvisés, danses de « simpa » ou « goumbé » et fêtes foraines… A nos enfants, il ne reste rien à part les grandes surfaces où ils peuvent venir exhiber le nouveau bazin ou le pagne acheté au prix d’harassantes journées de petits cireurs à Abobo ou de « porteuses de bagages » à Adjamé. Que leur restera-t-il si on devait leur fermer ce seul cadre de divertissement? Nous avons de la chance que certains de nos petits frères et enfant s’émerveillent encore devant des paquets de biscuits ou un sachet de popito. Oui, nous avons de la chance qu’ils gardent encore de leur innocence et parcourent des kilomètres (parfois à pied) juste pour se prendre en photo devant une fontaine ou des étals.

Quand ils n’auront plus que les maquis et fumoirs (où personne ne les chasserait tant qu’ils payent), ils grossiront les rangs des « microbes », des prostituées mineures et autres petits délinquants. Et avec la peur de croiser leur chemin, nous regretterons tous qu’on leur ait ôté leur cadre de divertissement et leur innocence avec… A tous ceux dont la voix porte, dites donc aux dirigeants des supermarchés qu’ouvrir leurs portes à nos enfants, est plus un acte de générosité, c’est un acte de salut public. En ce lendemain de Tabaski, ceci est ma bouteille à la mer de nos consciences et surtout à celle de nos élus et autorités administratives afin que dans nos villes, on recrée des cadres de divertissements accessibles à tous. Aid mubarak

                                                                                                                                                                                          Mouslil D. BAMABA